Clock, please

Blinds 3,000-6,000 ante 500 – 92 joueurs – average 238,000

C’est l’heure des réflexions intenses et profondes, des postures d’attente interminables, des regards chargés de sous-entendus… L’heure ou chacun cherche le Tell chez l’autre, qui lui fera faire un call de pur génie….

C’est surtout l’heure où l’on s’ennuie ferme. Aux tables, on entend « Clock please » très régulièrement, et les coups s’éternisent.

Il faut dire que nous assistons à des pots énormes:

Sur le board 2 K A 4 Andrew Lichtenberger fait une mise de 140,000 jetons, alors que le pot en contient déjà 220,000.

board

L’américain Mickael Berry réfléchit, se gratte la tête, réfléchit, jette un regard chargé de haine à son adversaire, baisse les yeux devant son manque de réaction, réfléchit… Puis la phrase classique: « Si je fold, tu me montres ? »

img_3759.jpg

Mickael Berry au fond, Andrew Lichtenberger de dos

Pas de réponse de la part de Lichtenberger. « Hé, si je fold, tu me montres ? » retente l’américain. Mouvement de tête à peine perceptible chez son adversaire. « J’imagine que ça veut dire non » conclut Berry.

Et l’attente recommence. Au bout d’une fraction d’éternité, Jean Montury se décide à demander le time, laissant une minute à Berry pour se décider.

Il finira par folder sa main, ce qui donne à ce coup un manque d’intérêt plus que certain. Je vous l’ai décrit uniquement pour vous montrer l’ambiance qu’il y a dans la poker-room en ce moment, car ce genre de coup se déroule à chaque table ou presque..

A la table de Julien Brécard, même chose:

Board A 9 K 4 4

Niccolai Senninger envoie 100,000 dans un pot de 160,000, et Antonio Buonanno met quatre heures à folder

Q Q

Kinshu et moi, postés près de la table, avons la même réaction: « C’est easy fold, il ne bat rien. Pas la peine de mettre autant de temps »

« Il a dû oublier qu’il était encore dans le coup » balance un spectateur hilare, juste derrière moi.

Elle va être longue, cette journée, très longue.

Julien et Jesus

Julien Brécard et Chris Ferguson, anéantis par l’impact technique du coup raconté plus haut