La Team770 chez Delarue ce mardi soir

Ne loupez pas ce mardi, l’émission « Ca se dicute – Jour après jour ». La Team770 se dévoile. Je vous raconte pas le stress rien qu’à l’idée de passer en prime time sur France2. Mais bon à la lecture de l’article du Nouvel Obs, nous nous sentons confiants. Enjoy !!!

Fougan

Mardi 10 juillet, « Ca se discute jour après jour ». « Stress, bluff et adrénaline : la folie du poker »

De Monaco à Las Vegas, dans les pas de professionnels du poker qui jouent un peu leur vie à chaque partie.

Le Poker ? « Rien à voir avec l’argent : non. Le poker, ça a à voir avec la vie et la mort », assène Pascal. Il Bluffe ? Non, si l’on considère qu’à ses yeux, l’argent n’est que le vecteur de sa passion pour le poker. Nous qui ne connaissons rien à la fièvre des parties en salles d’arrière-cour ni à celle des tournois en casinos, nous qui ne savons rien des règles du poker, à voir les joueurs, nous ressentons l’angoisse et l’excitation euphorisante qu’ils éprouvent avant, pendant et après les compétitions. Nous percevons également, tout aussi physiquement, les moments d’effroi, cette petite mort rythmant les échanges de cartes et de jetons où l’on perd et se perd, où l’on gagne et revit, où l’on n’a plus la main puis où l’on se refait à minima après dix, quinze heures de combat et plus, peu importe. Pour les participants aux grands-messes du jeu, la temporalité est abstraite, seule importe l’alchimie de l’adrénaline circulant entre les joueurs, lesquels, derrière leurs lunettes noires, se toisent, se bluffent, s’amadouent, se testent en une parade singulière et redoutable. La déstabilisation de l’adversaire est en effet aussi vitale que d’avoir en main une quinte flush.
Nous n’avons vu que les reportages illustrant l’émission, nous ne rendrons donc pas compte des arpenteurs de tables à jouer interrogés en plateau par Jean-Luc Delarue. Les documentaires, à eux seuls, valent le détour. Ils sont signés de Maud Richard et de Sophie Maquard, deux réalisatrices originales. Elles s’emparent de leur sujet sans le tenir à distance par de pompeuses explications. On les devine électrisées par la mentalité des joueurs et par la trouble ambiance présidant aux lieux qu’elles filment. La réussite est totale. Elles rappellent le cinéma de Scorsese pour l’atmosphère et l’ocre bleuté des images. Mais elles tiennent aussi de James Swain, percutant auteur de polars en eaux troubles à Las Vegas, pour les dialogues saisis entre les joueurs qu’elles suivent, compères de toujours et participant à l’émission, filmés de Monaco à Las Vegas, justement. Elles ont construit leur documentaire avec le suspense qui convient dans de tels milieux, où nous serions dans la tête de Thomas, de Fabrice, de Pascal, de Dimitri et d’Anne-Catherine, joueurs professionnels, tenaillés par la jouissance du combat contre soi-même, contre le sort, contre ses rivaux. Ces chercheurs de carré d’as oublient la caméra, et c’est tant mieux. Ainsi ils ne se racontent pas, ils vivent sous nos yeux leur lutte à la vie à la mort, ils s’exposent à nos regards, sans fard. Ils nous permettent ainsi d’entrer dans leur psyché et dans la maïeutique des échanges qu’ils établissent avec leurs potes et leurs adversaires. Et cette part intime de la relation qu’ils entretiennent avec le jeu mais aussi leurs compagnes, aucun discours ne pourrait le traduire de manière aussi dense, aussi humanisée.

Colette Mainguy
Le Nouvel Obs, Juillet 2007