Dernières heures à Monte-Carlo

Quelques minutes après que le victorieux Gavin Griffin ait brandi le trophée devant un parterre de photographes et de spectateurs enthousiastes, la Salle des Etoiles s’était déjà vidée. Ne restaient plus que les hommes de ménage, s’attelant déjà à la lourde tache de ranger tout ce bordel. En salle de presse, meme topo : la plupart des 100 journalistes qui avaient couvert l’évenement durant toute la semaine avaient déjà fui. Il n’y avait plus rien à faire içi. Il était temps de se barrer de Monte-Carlo, le plus vite possible : l’écoeurement me gagnait. Le temps de prendre un dernier verre avec quelques Norvégiens, Danois et Britons, et vers quatre heures du mat’, je prenais le taxi pour une dernière (courte) nuit à l’hotel Terminus.

Quelques heures plus tard, nous foncions vers Nice avec Arno. Le chauffeur a parcouru à toute vitesse les 30 bornes qui nous séparaient de l’aéroport, et nous sommes arrivés largement en avance. Un problème informatique au guichet d’enregistrement nous a fait poireauter une bonne demi-heure, tandis que mon estomac commençait à gémir. Par dessus le marché, j’avais réussi à oublier à l’hotel mon blouson et mon chargeur de téléphone. La haine. Nous sommes ensuite montés à l’étage de l’aéroport pour un bon vieux Quick des familles. Deux burgers chacun, les frites, les boissons, total de la facture : 20 euros. « C’est le prix d’un hamburger simple à Monaco », me fait remarquer Arnaud à la caisse. On me tape sur l’épaule, je me retourne : c’est mon pote Rayan Nathan, qui attend son vol aussi. Il parcourt le menu d’un air soucieux, à la recherche d’un truc potable à commander : Supreme Cheese, Giant, Quick’N'Toast…. « Il faut que tu m’aides, je comprends rien à tout ce… Français ! »

On expédie la junk-food, et direction les portiques de sécurité. Bien entendu, au milieu d’Arno et moi, c’est Rayan qui est arrété par un controleur pour une fouille approfondie de son bagage à main. « Ouais, c’est bizarre, je suis souvent choisi  »au hasard »… » me dit le natif du Sri-Lanka avec un rire jaune. On le laisse partir vers son avion : un long voyage l’attend, avec 3 différentes connexions à Londres, Singapour et Sydney. Ce n’est que 36 heures plus tard qu’il finira par arriver à Adélaide.

Nous, nous partons pour Bruxelles, aérport beaucoup plus accessible que Roissy pour nous Lillois. Dans la salle d’attente, Thomas Wahlroos débarque. Décidement ! Il a loupé son vol de la veille à cinq minutes près, et a du payer pas moins de 1300 euros pour choper un autre billet pour Helsinki. L’avion décolle et nous entamons aussitôt une partie de Poker Chinois. Thomas a accepté de jouer pour des enjeux 1000 fois moins élevés que d’habitude. Très vite, je pars devant en lui envoyant succéssivement une quinte flush royale à carreau et un carré de valets, me donnant droit à de jolis bonus. Mais il grattera peu à peu mon avance pendant le reste du vol, et peu avant l’atterissageje finirai la partie en retard de 1 point, soit… 1 euro.

Fougan nous attend à Bruxelles,et vers 19h, je suis de retour à la maison. Pas pour longtemps, cependant…

Benjo