A bon port

 

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Quand l’avion s’est posé sur la piste de l’aéroport de McCaharan, samedi en début d’après-midi, après onze heures de vol en ligne directe depuis Londres, je ne tenais plus en place. Ce n’est que deux heures plus tard que j’ai pu me détendre, après avoir passé l’immigration (une formalité), récupéré mes bagages, et foncé direct au Bellagio avec la bagnole de location. Là, accoudé au Sports Bar en face de la Poker Room, j’ai commandé une Bud de circonstance et allumé une Marlboro light. Las Vegas, me revoilà. There’s no place like home.

Fabrice Soulier me rejoint rapidement. Il m’héberge pendant toute la semaine, dans son pied à terre situé une dizaine de miles à l’ouest du Strip. Geste pour lequel je lui dois une gratitude éternelle. On se dirige vers la Fontana Room, où se déroulent désormais tous les tournois du Bellagio. La grande salle de bal circulaire offre une vue imprenable sur les célèbres fontaines, qui rentrent en action chaque demi-heure, face à la Tour Effel en plastique du Paris-Las Vegas, de l’autre coté de la rue. Un spectacle dont je n’arrive pas à me lasser.

A l’intérieur, les tournois ne désemplissent pas sur plus de 25 tables. La partie du jour est un 3000$, no limit bien entendu. Au fur et à mesure, les tables cassent et aussitôt commencent des satellites pour divers tournois. Sur l’estrade, la finale du 2500$ commencé la veille. Ca ne rigole pas. Rhett Butler, David Pham et Jeff Madsen, entre autres, s’accrochent pour un premier prix de 350 000 dollars. Fabrice serre des pognes et distribue des bises à tout va. Il connaît tout le monde dans ce casino, joueurs, serveuses, staff, et le «Frenchie » s’y sent comme chez lui. Moi, je croise rapidement de vieilles connaissances. Le Suédois Thomas Whalroos, qui est là depuis dix jours : « Je ne suis sorti de l’hotel qu’une seule fois, en fait. » Ricky Nielsen, 35e aux WSOP cette année, avec son pote Jogi. Ils se chauffent sur une 10/20 en attendant le Main Event à 15 000 $, jeudi.

 

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En parcourant des yeux la salle, je suis frappé par le nombre de grosses pointures présentes. A chaque table, plusieurs pros expérimentés. Comme me le dit Fabrice, « les clients faciles se font rares dans ces tournois. » En effet, le Bellagio est la maison-mère des meilleurs joueurs du monde en cash-game, et ses tournois aux structures excellentes attirent une faune plus que compétente. Ajoutez à cela un assèchement progressif de l’économie du poker aux USA après la loi anti-gambling de Septembre (le darwinisme s’applique aussi au poker), et cela donne des tournois durs, très très durs. Avec en ligne de mire le tournoi final qui s’annonce dantesque. 

Fabrice, lui, a tiré son épingle du jeu deux jours avant mon arrivée. Il s’est hissé à la sixième place du 5000$, empochant près de 30 000$. Je le regarde jouer quelques sats, puis on se dirige vers le buffet en comagnie d’une de ses amies, Michelle, une ravissante New Yorkaise qui essaie de vivre la vie de pro à Vegas. « C’est toujours la meme bouffe », rale Fabrice. Il abuse un peu : a voir les dizaines de plateaux disposés, je pourrais venir içi tous les soirs pendant un mois et ne jamais manger la meme chose… 

Vers minuit, je commence un peu à lacher prise (ca fait 48 heures que je suis debout). Il est temps de rentrer. Fab me montre la route pour rentrer chez lui. Le traffic est perturbé sur l’Interstate 15 : une New Beetle s’est mangée le rail de sécurité. Et les Police Troops ne rigolent pas avec les mecs qui essaient de passer par la bande d’arret d’urgence. Ce soir, je vais bien dormir. Une semaine mouvementée nous attend…

A suivre

Benjo